Extatosoma tiaratum : guide d’élevage du phasme scorpion
Partager
Extatosoma tiaratum, appelé phasme scorpion, phasme à tiare ou phasme épineux, est une espèce australienne spectaculaire. La femelle ressemble à une grande feuille sèche couverte d’épines, tandis que le mâle adulte est plus fin et possède des ailes fonctionnelles.
Malgré son apparence impressionnante, ce phasme reste accessible si vous respectez trois bases : un vivarium haut, une bonne ventilation et des branches nourricières fraîches en permanence. C’est une espèce que l’on observe beaucoup plus qu’on ne la manipule.
En bref
Réponse courte : Extatosoma tiaratum est un grand phasme accessible si son vivarium reste haut, ventilé et peu encombré. Les branches nourricières doivent rester fraîches et l’espace sous les points d’accroche doit être dégagé pour sécuriser les mues.
Niveau : Débutant attentif
Habitat : Vivarium de 30 × 30 × 30 cm avec une densité faible
Température : 20 à 26 °C
Humidité : Autour de 60 %, à ajuster selon le stade et le séchage
Alimentation : Ronce, eucalyptus, chêne, rosier et framboisier non traités
Conseils vérifiés et mis à jour par l’équipe d’élevage de L’Insecterie. Dernière mise à jour : .
Vous pouvez retrouver Extatosoma tiaratum sur L’Insecterie selon les disponibilités de l’élevage.
Avant la réception, je vous conseille de préparer un grand bouquet de ronces et de vérifier l’espace réellement disponible sous les branches. Cette espèce devient volumineuse, surtout chez la femelle.
Un vivarium bien agencé pour laisser la place aux mues
Le vivarium phasmes 30 × 30 × 30 cm proposé par L’Insecterie constitue le format de référence pour cette espèce. Avec Extatosoma tiaratum, qui devient volumineux, je conseille surtout de limiter la densité et d’utiliser tout l’espace disponible avec intelligence.
Placez les branches nourricières assez haut, sans remplir le centre du vivarium. Sous les points d’accroche, laissez la plus grande zone libre possible afin que le phasme puisse sortir de son ancienne cuticule sans toucher le fond ou le décor.
Pour les femelles les plus grandes, évitez de maintenir trop d’individus dans le même vivarium. Si plusieurs animaux utilisent les mêmes supports ou se gênent pendant les mues, répartissez-les dans plusieurs vivariums 30 × 30 × 30 cm.
Le plafond et certaines parois doivent offrir une bonne prise. Les branches nourricières forment déjà l’essentiel du décor : quelques supports solides suffisent, sans surcharger l’espace.
Au sol, du papier absorbant simplifie la collecte des œufs. Un substrat peut aussi convenir, à condition qu’il reste propre et qu’il ne masque pas les œufs.
Température, pulvérisation et ventilation
Extatosoma tiaratum se maintient généralement entre 20 et 26 °C. Dans une maison tempérée, un chauffage n’est pas toujours nécessaire. Si vous chauffez, utilisez une source extérieure et un thermostat.
L’espèce apprécie une humidité modérée. Une pulvérisation fine apporte des gouttelettes à boire et aide les jeunes lors des mues, mais le vivarium doit sécher entre deux apports. Un environnement constamment humide augmente le risque de moisissure.
Je préfère observer les feuilles et les parois plutôt que suivre un calendrier rigide. Si tout sèche en quelques minutes, augmentez légèrement la pulvérisation. Si la condensation reste longtemps, réduisez-la ou améliorez la ventilation.
Que mange Extatosoma tiaratum ?
La ronce est la plante la plus pratique en France. L’eucalyptus est également très bien accepté. Vous pouvez proposer du chêne, du rosier, du framboisier, de l’aubépine ou du hêtre, en vérifiant toujours que les feuilles ne sont pas traitées.
Placez les tiges dans un vase sécurisé avec l’ouverture bouchée autour des branches. Les jeunes phasmes ne doivent jamais pouvoir atteindre l’eau. Renouvelez les végétaux dès qu’ils commencent à sécher.
À l’éclosion, les jeunes peuvent imiter de petites fourmis et se déplacer rapidement. Découper légèrement le bord des feuilles les aide parfois à commencer leur premier repas.
Les mues : le moment le plus délicat
Avant de muer, le phasme réduit souvent son alimentation et reste suspendu. N’essayez pas de le déplacer. Vérifiez seulement qu’aucune branche ne bloque l’espace sous son corps.
Après la mue, attendez que l’exosquelette soit durci avant toute intervention. Les pattes et les antennes restent fragiles pendant plusieurs heures.
Une chute peut entraîner une déformation ou une perte de membre. Les jeunes phasmes peuvent parfois régénérer partiellement une patte au fil des mues suivantes, mais le meilleur réflexe reste la prévention.
Femelle épineuse, mâle ailé : un dimorphisme spectaculaire
La femelle est large, lourde et couverte d’excroissances qui renforcent son camouflage de feuille sèche. Sa couleur peut varier du brun au vert selon la lignée et les conditions.
Le mâle adulte est plus fin et porte de grandes ailes. Il peut voler ou au minimum amortir une chute. Ouvrez donc le vivarium avec précaution, surtout le soir lorsqu’il est plus actif.
Pour mieux comprendre les critères de sexage, consultez notre guide sur le dimorphisme sexuel chez les phasmes.
Œufs et reproduction
Les femelles laissent tomber les œufs au sol. Leur incubation est longue : comptez souvent plusieurs mois, parfois près d’un an selon les conditions et la lignée. Ne jetez donc jamais le fond du vivarium sans l’avoir inspecté.
Récoltez les œufs régulièrement et placez-les dans un incubateur ventilé, sur un support très légèrement humide. Une humidité excessive provoque rapidement des moisissures ; un support totalement sec pendant des mois peut réduire les éclosions.
Notre article sur l’incubation des œufs de phasmes détaille la méthode.
Les erreurs les plus fréquentes
Un terrarium trop petit pour les femelles adultes. Leur taille et leur poids demandent de l’espace.
Une humidité permanente. Les pulvérisations servent à boire et à accompagner les mues, pas à détremper l’habitat.
Un vase non sécurisé. Les jeunes peuvent tomber dans l’eau.
Des manipulations forcées. Laissez le phasme monter de lui-même sur votre main ou sur une branche.
Oublier que le mâle peut voler. Fermez portes et fenêtres avant d’ouvrir le vivarium.
Questions fréquentes sur le phasme scorpion
Extatosoma tiaratum pique-t-il ?
Non. Ce phasme ne possède pas de dard. Les femelles portent des épines et peuvent adopter une posture défensive, mais l’espèce n’est pas venimeuse.
Peut-on maintenir plusieurs individus ensemble ?
Oui, avec assez d’espace, de nourriture et de points de mue. La surpopulation augmente toutefois les chutes et les mues gênées.
Pourquoi mon phasme relève-t-il l’abdomen comme un scorpion ?
C’est une posture défensive qui explique son nom commun. L’animal cherche à impressionner plutôt qu’à attaquer.
Faut-il obligatoirement de l’eucalyptus ?
Non. La ronce est une excellente base et reste beaucoup plus simple à trouver en France.
Avant l’arrivée : vérifiez surtout la hauteur, la ventilation, le vase sécurisé et la présence d’un grand bouquet de ronces fraîches.
Retrouvez aussi notre guide général de l’élevage des phasmes et l’ensemble des phasmes disponibles à L’Insecterie.
L’essentiel en un coup d’œil
- Origine : Australie orientale et Nouvelle-Guinée
- Taille : grande espèce, avec une femelle massive et un mâle plus élancé
- Température : environ 20 à 26 °C
- Humidité : modérée, autour de 60 %, à adapter au stade
- Nourriture : ronce, eucalyptus, chêne, rosier et framboisier
- Niveau : accessible avec un vivarium adapté
Matériel utile pour cet élevage
Pour préparer une installation cohérente et faciliter le suivi quotidien, voici deux références utiles disponibles sur L’Insecterie.
Kit d’élevage pour phasmes
Une base pratique pour préparer l’installation et réunir le matériel essentiel avant l’arrivée des phasmes.
Tapis chauffant pour terrarium
Pour compléter une pièce trop fraîche en créant une zone tempérée. À utiliser sur une paroi et avec un contrôle adapté.
À lire ensuite
Complétez ce guide avec deux espèces proches afin de comparer leurs besoins avant de faire votre choix.



