Mante religieuse : histoire, symbolique et signification
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La mante religieuse, on croit souvent la connaître avant même de l’avoir vraiment observée. Sa posture “en prière”, son regard très mobile, sa façon de rester parfaitement immobile pendant de longues minutes… elle a quelque chose de presque théâtral.
Quand on élève des mantes, on se rend vite compte que derrière toute la symbolique qu’on lui prête, il y a surtout un prédateur remarquablement bien adapté à son mode de vie. Et c’est finalement ça que je trouve le plus intéressant chez elle : l’écart entre l’image très calme qu’elle renvoie et la précision avec laquelle elle chasse.
Je vous propose donc de faire le tri entre ce qu’on raconte sur la mante religieuse, ce que l’on sait vraiment, et ce que l’on peut observer lorsqu’on prend le temps de la regarder.
Cette fameuse “posture de prière”
Le nom de mante religieuse vient évidemment de ses pattes avant repliées devant le corps. De loin, on pourrait presque croire qu’elle joint les mains. En réalité, ces pattes sont surtout de véritables outils de chasse.
Elles sont dites ravisseuses : la mante les maintient repliées lorsqu’elle attend, puis les projette très rapidement vers l’avant dès qu’une proie passe à portée. Si vous avez déjà nourri une mante, vous voyez très bien ce moment où tout semble immobile… puis tout se joue en une fraction de seconde.
C’est cette posture qui a nourri une grande partie de la symbolique de l’animal. Patience, méditation, calme, observation : ce sont des idées que nous projetons sur elle. La mante, elle, est surtout en train d’attendre le bon moment.
Un mot sur son histoire scientifique
On trouve encore beaucoup d’informations approximatives sur l’origine du nom scientifique de la mante religieuse. Mantis religiosa est attribuée à Linné en 1758, dans le cadre de la nomenclature zoologique moderne.
Bien sûr, cela ne veut pas dire que personne n’avait remarqué les mantes avant le XVIIIe siècle. Elles étaient observées depuis bien plus longtemps. Cette date correspond simplement à leur description dans le système scientifique qui sert encore aujourd’hui de référence pour nommer les espèces.
Et il faut aussi garder une chose en tête : “la mante religieuse” n’est qu’une espèce parmi une diversité immense de mantes. Certaines ressemblent à des fleurs, d’autres à des feuilles sèches, des brindilles ou des morceaux d’écorce. Si ce sujet vous plaît, allez jeter un œil à notre article sur 10 espèces de mantes particulièrement étonnantes.
Alors, que symbolise vraiment la mante religieuse ?
Il n’y a pas une réponse unique. Selon les cultures et les époques, la mante a pu être associée à la patience, à la chance, à la spiritualité ou simplement à quelque chose de mystérieux.
Personnellement, si je devais retenir une image, ce serait plutôt celle de l’observation. Une mante ne se précipite pas. Elle passe beaucoup de temps à lire son environnement, à suivre ce qui bouge autour d’elle et à attendre que la distance soit bonne.
C’est sans doute pour cela que l’on retrouve autant de significations autour du calme ou de la patience. Mais biologiquement, il faut rester simple : elle ne médite pas, elle chasse.
Et non, croiser une mante religieuse ne veut pas dire qu’un événement particulier va vous arriver. Si vous en voyez une dehors, profitez simplement de l’observation et laissez-la là où elle est.
Ce que l’on remarque vraiment quand on observe une mante
Ce qui frappe souvent les personnes qui découvrent les mantes pour la première fois, ce n’est pas leur agressivité, mais leur capacité à suivre ce qui se passe autour d’elles. Elles tournent la tête, évaluent les distances, changent légèrement de posture. On a rapidement l’impression qu’elles “vous regardent”.
Elles restent malgré tout des animaux d’observation. Je conseille toujours de limiter les manipulations, surtout autour des mues. Une mante suspendue pour muer a besoin de calme et d’espace ; c’est souvent à ce moment-là qu’une installation mal adaptée pose problème.
Dans la nature, elles consomment différents arthropodes en fonction de leur taille et des opportunités. Elles ne sont pas des “insecticides naturels” qui sélectionneraient uniquement les espèces que nous considérons comme nuisibles. Une mante attrape surtout ce qui passe à portée et qu’elle est capable de maîtriser.
Vous avez envie de découvrir l’élevage des mantes ?
Pour commencer, je vous conseille de choisir une espèce robuste et bien documentée plutôt que de partir directement sur la plus spectaculaire. C’est souvent la meilleure manière d’apprendre à gérer les mues, la ventilation, les proies et l’humidité sans se compliquer inutilement la vie.
Hierodula membranacea est une espèce que j’aime bien conseiller pour découvrir les mantes. Elle est grande, très agréable à observer et généralement plus tolérante qu’une petite mante-fleur.
Si elle vous tente, vous pouvez voir sa fiche d’élevage et les disponibilités. Pensez aussi à préparer le vivarium avant son arrivée : c’est toujours plus simple que d’ajuster les paramètres une fois l’animal installé.
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre guide pour réussir un élevage de mantes, découvrir les mantes proposées à L’Insecterie, le matériel d’élevage et les proies adaptées.
Les questions qu’on nous pose souvent
Pourquoi la mante religieuse “prie” ?
Elle ne prie pas : elle garde simplement ses pattes ravisseuses repliées en position d’attente, prêtes à saisir une proie.
Est-ce qu’une mante religieuse est dangereuse pour l’humain ?
Non. Une grande mante peut éventuellement tenter de se défendre si elle est manipulée maladroitement, mais elle n’a ni dard ni venin destiné à l’humain.
Que mange une mante en élevage ?
Des proies vivantes adaptées à sa taille : drosophiles, mouches, grillons ou autres insectes selon l’espèce et le stade de développement.
