10 choses étonnantes à savoir sur les fourmis
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Quand on regarde une fourmilière quelques minutes, on voit surtout beaucoup de petites ouvrières qui vont dans tous les sens. Quand on l’observe pendant plusieurs mois, on commence à comprendre que presque chaque détail raconte quelque chose : une piste qui apparaît, des larves déplacées, des graines triées, une ouvrière qui transmet de la nourriture à une autre.
Voici dix faits que je trouve particulièrement utiles pour mieux regarder une colonie.
1. La reine ne “dirige” pas la colonie
Son rôle principal est de pondre. Elle n’envoie pas les ouvrières travailler et ne décide pas où construire les galeries. L’organisation repose surtout sur les interactions entre les ouvrières et les signaux qu’elles échangent.
2. Les fourmis parlent surtout en chimie
Les phéromones permettent notamment de marquer des pistes, déclencher des comportements d’alarme ou transmettre différentes informations au sein de la colonie.
Nous avons consacré un article complet à la communication chimique chez les fourmis.
3. Une colonie peut modifier son activité en quelques heures
Température, nourriture, lumière et quantité de couvain influencent ce que vous voyez dans l’aire de chasse. Une colonie très active hier peut sembler presque immobile aujourd’hui sans qu’il y ait forcément un problème.
4. Certaines espèces stockent réellement leur nourriture
Chez Messor barbarus, les graines sont transportées et stockées dans le nid. C’est l’un des comportements les plus faciles à observer en élevage.
Si cela vous intéresse, consultez la fiche Messor barbarus et notre article sur l’alimentation des fourmis.
5. Les larves ne sont pas de petites fourmis
Après l’œuf vient un stade larvaire très différent de l’adulte. Les larves sont nourries par les ouvrières et leur développement influence fortement les besoins en protéines de la colonie.
6. Les ouvrières peuvent échanger de la nourriture
Chez de nombreuses espèces, des liquides peuvent être transférés d’un individu à l’autre par trophallaxie. Cela permet de redistribuer rapidement une ressource dans la colonie.
7. La taille des ouvrières peut varier
Certaines espèces présentent plusieurs morphologies d’ouvrières. D’autres sont beaucoup plus homogènes. Il faut donc éviter de généraliser ce que l’on observe dans une seule colonie à toutes les fourmis.
8. Une jeune fondation peut rester discrète très longtemps
Quelques ouvrières consomment très peu. C’est souvent le débutant qui met trop de nourriture, pas la colonie qui n’en reçoit pas assez.
Lasius niger est une espèce très connue en élevage. Une petite fondation peut sembler particulièrement calme au départ, puis l’activité augmente progressivement avec le nombre d’ouvrières.
Vous pouvez retrouver Lasius niger et notre guide dédié à son élevage.
9. Plus grand n’est pas toujours mieux pour le nid
Installer une petite colonie dans une fourmilière immense peut rendre la gestion de l’humidité et des déchets plus difficile. Je préfère agrandir progressivement à mesure que la colonie occupe réellement l’espace.
10. Chaque espèce change la manière d’élever
Une colonie granivore, une espèce qui aime davantage l’humidité ou une fourmi tropicale ne se maintiennent pas de la même façon. L’intérêt de l’élevage est justement d’apprendre ces différences.
Pour explorer les espèces, parcourez nos colonies de fourmis et les guides de L’Insecterie.

